CHRONIQUES
Notes et souvenirs, d'un explorateur en terres sauvages et inconnues, retrouvés il y a quelques mois dans un carnet retrouvé par hasard dans une caisse achetée dans un dépôt vente. En voici la
teneur.
Découverte du pays de Léchetis ce premier février.
La karette me dépose sur la place centrale du village. Les fers des chevaux claquent sur les pavés. Le ciel est si bas. Je repense à la campagne traversée. Morne plaine. Il y fait si froid que
les plantes poussent dans la terre ! Elles sont pas folles les pommes de terre, les betteraves. Des produits que je retrouve sur le marché qui se tient sur la place. Les habitants ont l'air de
faire triste mine. Habits sombres, faces obscures ou rougeaudes, sabots de bois, les habitants babillent un patois que je ne connais pas.
- Ta cokonne est trop kère, murmure une vieille ridée comme une pomme de terre en ramassant son kapeau. Je vais aller me faire cuire des gaufres.
- Penses à y mettre de la cassonade. Tu pisseras sucré dans ta bière !
Lorsqu'un homme mieux habillé, un notable sans doute, s'approche des badauds, la femme se retourne et s'adresse à la foule.
- Voici Tchirac qui vient caresser le cul de la vake. C'est pas lui qui va mettre de la cassonade dans notre compote de pommes.
- Il a pas fini de se balader, ajoute un autre. Il est beau dans son chticheurt Chtiguevara. Un vrai révolutionnaire.
- Regarde moi ces chicons, ils sont tout frisés. C'est pas bon signe pour la météo. Y a pas assez d'eau.
Du beffroi résonnent les cloches d'un carillon. Instrument superbement massif. Des tonnes de fonte résonnent sous les coups du carilloneur. Il bourre le clavier de coups de poings, de coups de pieds... A la volée, les coups pleuvent sur les touches. Il pilonne son instrument avec vigeur pour lui faire expulser des notes de plus en plus aigues. Des octaves de plaisir pour les oreilles.
Sur le marché les oreilles vibrent. Les pieds s'agitent et esquissent des pas de danse. Quel carnaval !
Les harengs volent dans les airs. Hareng sort !
Bringueballent les kiens, les kats et les cokonnes ventrues... Merchi pour l'ochti mon seigneur !
Dans la taverne, les discussions vont bon train.
- C'est pas la chti goutte qui va me saouler.
- Notre pouvoir d'akat est en baisse. Bientôt on va sucer du charbon en sirotant de la bière. En attendant reprend une gaufre.
- Regarde ces filles. Waouuuu... Elles ont des corps ronds. Les nikons en forme de terril. Des bombardiers de ouf. Des petis chicons à faire frire aux lardons.
Je suis bien venu chez Lèchetis.
- Fin de la 1ère relation -
Pour avoir des chroniques supplémentaires, merci de me laisser un commentaire.