Au Bocal-du-Tech, la saison commence doucement. Es estivants arrivent au compte-goutte, avec un rush le week-end et une semaine plutôt calme. L'avantage d'avoir cette grande plage c'est que nous bénéficions de place pour étendre nos serviettes. Nous ne nous dérangeons pas, sauf quelque incantade, d'un âge mûr qui joue le minot, en se mettant le bermuda sous le maillot, se blondissant sa crinière de neige, avant de se trémousser (façon tektonique) sur un air de techno que nazille son appareil radio. Top fashion la sauterelle !
L'esprit de la Chupa cabra a encore frappé ! Ce n'est hélas pas le seul à avoir reçu la visite de l'esprit malsain. Bizarre ce troll qui se balade sur le chemin dans la tenue d'Adam, en tenant ses vêtements à la main. Il écarte les roseaux et regarde sur la plage, ce qu'il voit lui fait sans aucun doute bien de l'effet... Mais ces effets, il les a la portée de la main. Il rage de ne pouvoir saisir l'objet de son désir... Alors, il galope sur la sente, vers une autre proie, menaçant de son courroux viril le premier qui lui regardera son usine à déféquer. Mets-toi un string, bobo, tu auras l'air d'une libellule !
Le Grand Duc sort la nuit au Bocal. On ne le voit pas souvent le jour dans la forêt. Il est vrai que beaucoup d'arbres ont disparu lors des derniers incendies. Son aire de refuge s'est raréfiée et il chasse alors plutôt à la nuit tombée dans les buissons et les tamaris. A la nuit de pleine lune, le promeneur peut avoir la chance de l'observer, de le reconnaitre à l'éclat de Sélénée sur son crâne glabre.
La repousse lente, mais avérée, des végétaux redonne au Bocal une vie à sa faune et à sa flore. Insectes, mulots, lézards et autres bestioles s'activent intensément au milieu de ces herbes, buissons et arbres. Les roseaux et les genets sont les premiers grands bénéficiaires de cette recolonisation.
Un lieu de pèlerinage : l'oratoire de Sainte Tong.
Au croisement de la Musaraigne, la vénérable tong a été crucifiée. Après des années de service, elle s'est offerte afin de garder la mémoire de toutes ces tongs qui se sont usées au Bocal-du-Tech. Tongs fatiguées de tant d'aller et de venues sur les chemins, sur la terre, le sable, les cailloux... S'écorchant aux ronces ; dérapant sur un sol boueux, sur des feuilles sèches... exerçant des tensions extrêmes sur des caoutchoucs fatigués par la chaleur. Pilées, mouillées, souillées... Tel est le tragique destin de nos tongs. L'érection de l'oratoire est le symbole de notre gratitude envers ces fidèles compagnes.
Sur un tronc de peuplier, lui-même mortellement blessé, la sainte tong a été crucifiée de trois clous de tapissier. Ce lieu devient un espace de prière ou de recueillement pour le pèlerin en quête de ... Qu'il prenne le temps de méditer, de laisser reposer ses gracieuses sandales. Tant de malheureuses tongs sont là, semelles brisées ou éventrées, qui gisent à la pluie ou au soleil. D'une prière remercie le travail de ces augustes coturnes. Puis, pèlerins reprend ta route, où tu recevras le don de la vénérable biroute.
Sacrilège et élévation de la vénérable relique.
Comble du sacrilège, la vénérable tong a disparu. L'oratoire a été profané par un cuistre malintentionné ou par un fétichiste mal embouché. Il ne reste plus qu'un seul clou, offert à la vénération des fidèles. Triste époque à laquelle où nous vivons. Devant l'art et la grâce, nul respect. Qui cela gêne-t-il la présence d'une œuvre au sein du Bocal ? L'esprit Chupacabresque domine et règne en maître sur les faibles cerveaux, les intolérants et mal b... Y a des coups de roseaux qui se perdent !
Que la honte soit sur l'hérétique qui a commis ce sacrilège. « Que son été soit pourri et qu'il chope la pécolle ». Telle est la sentence de la Sainte Tong, qui n'en restera pas là.
Puisqu'elle ne peut être au contact direct de ses fidèles, sans être menacée par des sacripants, elle planera sur eux - aile protectrice sur leur route - avant d'effectuer sa résurrection entre
les troncs. Affaire à suivre.
Ascension de la tong, ce lundi 20 juillet 2009.

Info en vrac :
Toujours bonnes la saucisse chez tata Lolo. De belles graillades en perspective.
Vive le boudin catalan !